Mini-guide n°1 : le triangle dramatique

Le concept

Largement décrit dans les ouvrages de coaching, le triangle dramatique est un outil d’analyse relationnel bien utile dans le cadre de relations professionnelles. Il s’inscrit dans les jeux de manipulation en analyse transactionnelle, jeux dont les acteurs quotidiens que nous sommes n’avons pas conscience. Le triangle dramatique met en oeuvre trois protagonistes dans une relation dynamique, ce qui signifie que chacun est à même de jouer successivement – voire simultanément – plusieurs rôles. Ces rôles sont celui du Persécuteur, celui du Sauveteur et celui de la Victime. Le Persécuteur tient le rôle de l’agresseur, de l’attaquant. Cela peut être une personne, un événement, une situation donnée. Il est généralement perçu comme négatif quoique dans certaines situations, le persécuteur puisse être initiateur d’une remise en question. La Victime subit l’agression du Persécuteur. A nouveau, ce rôle est généralement perçu négativement mais c’est la position centrale dans le jeu psychologique, celle par qui le jeu existe véritablement. Le Sauveteur tient le rôle du protecteur, du chevalier blanc. A première vue, ce rôle est perçu comme positif alors qu’il contribue souvent à renforcer la dynamique du triangle dramatique.
Voici quelques exemples de situations d’entreprise susceptibles de refléter un triangle dramatique :
– supérieur hiérarchique, moi et responsable RH,
– collègue, moi et supérieur hiérarchique,
– collègue, collègue et moi,
– restructuration, moi et syndicat,
– licenciement, moi et bureau d’outplacement

 

Le triangle dynamique : qui joue qui ?
La plupart d’entre nous sommes programmés pour jouer les trois rôles. En fonction des circonstances et de notre état d’esprit du moment, nous choisissons. Certaines personnes privilégient un rôle donné. Le rôle de victime permet d’attirer l’attention des autres, le rôle de persécuteur nous donne du pouvoir, et le rôle du sauveteur nous donne une image positive de nous-mêmes. Lorsque nous sommes mis en présence d’un de ces trois rôles, nous avons tendance à adopter inconsciemment un des deux autres rôles. Face à une victime, nous endosserons instinctivement le rôle du sauveur ou du persécuteur. Nous pouvons aussi passer d’un rôle à l’autre sans nous en rendre compte au cours d’un même échange.

 

Les issues possibles pour sortir du triangle
Se retrouver dans un triangle dramatique est source de nombreuses difficultés relationnelles, tant les protagonistes sont dominés par leur subjectivité. Cela nuit grandement à la rationalité des prises de décisions donc à l’action. Une fois identifié le triangle dans lequel nous jouons, il faut donc en sortir ! Pour cela, il faut chercher à établir une autre base relationnelle avec ses interlocuteurs.
Voici quelques-unes des solutions existantes :
– jouer le même rôle que son interlocuteur, c’est à dire mettre en oeuvre la stratégie du miroir, est une manière de dire à son interlocuteur «cherche un autre partenaire de jeu»,
– espacer les temps de silence dans les échanges, l’un des indicateurs les plus flagrants du triangle étant la rapidité des interactions et l’absence de temps mort. Casser le rythme est une solution pour que chacun «reprenne ses esprits»,
– se concentrer sur son propre rôle et rester bienveillant, informatif, interrogatif, neutre et professionnel,
– si cela ne suffit pas, le meilleur moyen est encore de couper la relation et tant que possible par la suite, de l’éviter au maximum.