Contre le totalitarisme, la croissance de la personne

Une émission radio écoutée récemment disait ceci, en évoquant les mots de Platon : la démocratie porte en son sein sa propre capacité d’auto-destruction. Platon aurait dit cela il y a plus de 2000 ans et pourtant quelle actualité… Combien de peuples encore choisiront de se laisser séduire par les discours les plus extrêmes et simplistes comme solutions à leurs peurs et à leurs colères ? Il semble qu’il y ait matière à s’inquiéter.

Je pense à nous autres, qui avons choisi de faire de notre métier l’accompagnement personnel et professionnel. Je pense au rôle essentiel que nous jouons, dans le développement d’une forme de sagesse populaire, au sens le plus noble, celle qui permet à chacun de développer le juste niveau d’estime de soi ou encore de considérer autrui non plus comme une menace mais comme une opportunité de richesse, au sens le plus noble aussi.

Que nous soyons coachs, psychologues, psychothérapeutes, psychanalystes, facilitateurs, superviseurs, quelle que soit notre chapelle ou notre spécialité, il me semble que nous contribuons chacun à notre manière au développement d’une Humanité capable de faire Société.

En des temps incertains comme ceux que nous nous vivons (jamais je n’aurais cru un jour employer cette expression à mon tour), où un nombre croissant de démocraties se laissent séduire par de dangereux charmeurs de serpents, gardons à l’esprit que notre rôle fondamental est peut-être avant tout celui-ci : permettre au plus grand nombre de faire Société.

Lorsque des stratèges politiques sans scrupule instrumentalisent l’inquiétude, nous tentons de la comprendre et de l’accueillir.

Lorsque ces derniers stigmatisent et «  bouc-émissairisent », nous défendons l’acceptation de soi comme pré-requis indispensable à l’acceptation de l’autre, pour que chacun puisse avoir la liberté d’avancer sur son propre chemin, quelles que soient ses origines, son histoire, sa vision du monde.

Chaque jour, auprès de nos patients et clients, nous tentons de comprendre et d’apaiser la souffrance, sous ses formes multiples, cette souffrance même qui sert de promontoires aux discours d’exclusion.

Lorsque des pensées simplistes nous souffle aux quatre coins du monde de nous méfier de l’autre, nous tentons de retisser chaque jour le fil de la confiance; la confiance en soi qui ouvre à la confiance en l’autre, à l’ouverture, à l’humilité.

Là où les discours populistes érigent leurs orateurs en défenseurs des faibles face au Système, nous proposons notre bienveillance à l’égard de celles et ceux qui échouent, qui doutent, qui trébuchent, nos outils pour celles et ceux qui courageusement s’acceptent, se réinventent, se construisent.

Qu’ils s’appellent Trump, Bolsonaro, Orban, ou Salvini, chacun à sa manière tente et tentera à multiples reprises au cours des années à venir d’imposer une norme à être et à penser, un système d’exclusions, un monde à sens unique dans lequel leur vérité est Vérité et tout le reste est « fake news ».

Nous contribuons à offrir un autre avenir à notre espèce que celui du chacun-pour-soi-et-contre-les-autres.Je crois qu’à notre manière, petites fourmis que nous sommes, par notre travail quotidien, nous qui travaillons à la croissance de la personne, nous sommes un contre-pouvoir.

Ne l’oublions pas !